top of page
Rechercher

Le triptyque sacré au chevet des personnes en fin de vie

  • 17 mai 2025
  • 3 min de lecture

Accompagner un proche en fin de vie… ce n’est pas quelque chose qu’on apprend dans les livres. C’est une traversée. Un bouleversement. Une aventure humaine, intime, qui convoque toutes nos fragilités.


Au fil du temps, j’ai compris qu’il y a trois présences fondamentales pour entourer quelqu’un qui vit cette étape :👉 la famille,👉 le corps médical,👉 un accompagnant extérieur, souvent bénévole.

Ce que j’appelle aujourd’hui le triptyque sacré.


1. La famille : présence du cœur

Rien ne remplace la chaleur humaine. La famille, les amis proches… ce sont eux qui réchauffent les jours froids dans un lit d’hôpital. Leur simple présence, un geste, un regard, un rire partagé, peuvent tout changer.

Avec Ramon, mon époux, cette chaleur a été essentielle. Nos filles, nos amis, moi-même : nous avons été là. Même maladroits. Même fatigués. Cette tendresse imparfaite l’a aidé à garder espoir, à traverser la douleur sans se laisser sombrer.

Mais je sais aussi que ce n’est pas toujours simple.Parfois on prend de la distance par peur de mal faire.Parfois les relations familiales sont blessées.Parfois la souffrance de l’autre nous fait fuir.

Et pourtant… même un SMS. Même 15 minutes d’écoute véritable peuvent faire toute la différence. Mieux vaut 15 minutes pleines de présence que 30 minutes de tension.

Être là, sans vouloir tout réparer. Écouter, sans vouloir convaincre. Toucher, sans imposer. Offrir simplement un refuge d’humanité.


2. Le corps médical : présence du soin

Sans les soins médicaux, Ramon ne serait pas resté parmi nous aussi longtemps. Dialyse, interventions, soins palliatifs… La médecine fait des miracles, même si parfois, elle nous semble impersonnelle.

Il est trop facile de critiquer l’hôpital. Les soignants sont épuisés, confrontés chaque jour à la douleur, à l’urgence, au manque de moyens. Et pourtant, tant d’entre eux sont admirables de dévouement.

Plutôt que de leur demander la perfection, apprenons à créer du lien.➡️ Osons dialoguer.➡️ Posons des questions.➡️ Exprimons notre reconnaissance.

Ce sont des humains, pas des machines. La fatigue, la distance émotionnelle… font partie de leur survie intérieure.

Créer une vraie complicité humaine avec un soignant, c’est possible. Et cela transforme la qualité de l’accompagnement.


3. L’accompagnant extérieur : présence de l’âme

Et puis, il y a cet autre rôle… discret, mais essentiel.Celui ou celle qui n’est ni famille, ni soignant, mais qui veille, écoute, soutient l’âme.

Dans notre parcours, Ramon et moi avons eu la chance d’être accompagné par un homme de bien. Il nous a aidés à rester debout intérieurement, à donner du sens à ce que nous vivions, à cultiver ce que j’appelle la santé du cœur.

Il y a des douleurs que la médecine ne soulage pas. Il y a des confidences que l’on ne peut faire qu’à quelqu’un en dehors de nos relations affectives.

Dans notre association, nous accompagnons parfois des personnes pendant des années. Une relation de confiance naît. Et dans cette relation, chacun grandit. Même au milieu de la finitude.


Une alliance sacrée

La famille prend soin du cœur, le corps médical prend soin du corps, l’accompagnant extérieur prend soin de l’esprit.

C’est ensemble, dans cette complémentarité, que nous pouvons entourer celles et ceux qui vivent leurs derniers instants. Non pour les sauver, mais pour les honorer.

Parce que oui, la fin de vie peut être un temps profond, fécond, et parfois même… lumineux.

 
 
 

Commentaires


A.A.M.M.
Association d'Accompagnants
de Malades et de Mourants
66, rue des Albizias
38160 St-Sauveur
France
 
associationaamm@gmail.com
AAMM Logo_AAMM_9cm.png
bottom of page