Quand la mémoire s'efface...

J’ai été particulièrement touchée par la conférence de Lysiane sur la mémoire, intitulée :
« Quand la mémoire s’efface : hasard biologique ou chemin intérieur ? »
Plutôt que de proposer un exposé théorique, Lysiane a choisi de partager son propre vécu.
Son témoignage me donne l'occasion d'évoquer deux passages de La Présence pure de Christian Bobin, qui résonnent parfaitement avec son propos.
Atteint de la maladie d’Alzheimer, le père de Christian Bobin ne se souvenait plus du prénom de son fils. Il le nommait alors : « celui que j’aime ».
À ce sujet, l'auteur écrit :
« Tu ne sais plus mon nom, c’est vrai, mais tu sais très bien qui je suis. La maladie a tout emporté, sauf le lien. Elle a nettoyé le superflu pour ne laisser que l’essentiel : cette façon que nous avons de nous regarder et de nous sourire, au-dessus du gouffre. »
Ce passage illustre à merveille ce que Lysiane a voulu nous transmettre : l’être humain est bien plus vaste que sa seule mémoire des faits ou des mots.
Dans ce même livre, Christian Bobin note également :
« Ils aiment toucher les mains qu’on leur tend, les garder longtemps dans leurs mains à eux, les serrer. Ce langage-là est sans défaut. »
En tant qu’accompagnants, nous percevons parfois cette mémoire émotionnelle — cette empreinte affective du vécu — à travers les gestes légers ou appuyés des personnes que nous entourons.
Un grand merci à Lysiane pour cette conférence qui apporte un réel apaisement. Elle m’a fait réaliser que prendre soin de sa mémoire, ce n’est pas seulement laisser sa peur de l'oubli, mais continuer à vivre pleinement.
Je vous conseille vivement d'assister à la prochaine rencontre : il y a toujours de très belles clés à y puiser.
Catherine Frattini



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